Sur la quatrième de couverture du livre, on peut lire : « Du haut de ses neuf ans, Victor a quelques certitudes : c’est parce que François, son père, n’ouvre pas son courrier qui s’amoncelle dans un placard que ses parents ne vivent plus ensemble ; c’est parce que Claire et Pilar adorent regarder des mélos tout en mangeant du pop-corn qu’elles sont heureuses ensemble. Et c’est parce que les adultes n’aiment pas descendre les poubelles au local peint en vert qu’il a rencontré son meilleur ami Gaspard. »

Comme chaque année, Victor, sa soeur et ses deux mamans partent au Cap-Martin pour les vacances d’été. Victor y retrouvera Gaspard, mais aussi Justine (sa petite fée en secret), et cet été-là, il se liera avec la baronne et rencontrera deux jumeaux, étranges, qui lui feront découvrir l’intérieur des villas qui bordent la promenade Le Corbusier. Au-delà de l’insouciance présente en Victor, il se rendra compte que toutes ses certitudes peuvent s’avérer fausses lorsque l’on ne parle pas du passé. Pendant ses vacances, il vivra une aventure qui changera le cours de vie.

La baronne a raison. « Les lucioles sont magiques pour ceux qui savent voir la magie. » Et qui peut la voir en dehors de nous, les enfants ?

Mon avis :

J’ai découvert Gilles Paris par le biais de l’interview et des chroniques qu’avait fait le blog Les tribulations d’une lectrice. C’est donc tout naturellement que je me suis procuré son dernier roman au Livre sur les quais et qu’il me l’a dédicacé !

J’ai dévoré son roman en deux jours. J’ai adoré cette histoire racontée par le petit Victor. A travers ses mots, j’ai vécu ses vacances, je me suis réjouie de son amitié avec Gaspard et j’ai palpité avec Victor lorsque son regard se posait sur Justine. J’ai ressenti sa gêne face aux jumeaux et ses peurs. Un roman palpitant rempli d’insouciance, de fraicheur et de tendresse !


Genre : Roman

Nombre de pages : 222

Année : 2014

Édition : Editions Héloïse d’Ormesson


Quelques questions à l’auteur :

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Bouquiner : Pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Gilles Paris : Je suis un écrivain qui prend son temps : 4 romans en vingt ans… Mais tout est lié au hasard de la vie et jamais prémédité. J’ai 55 ans et j’écris depuis l’âge de 10 ans. Un journal intime (que j’ai tenu jusqu’à l’âge de 40 ans et jamais relu), des poèmes, beaucoup de nouvelles (j’en écris encore) et enfin des romans. Mes quatre enfants que j’aime autant l’un que l’autre. Écrire relève de la magie et je suis heureux de pouvoir la pratiquer.

B : Parlons de « L’été des lucioles », comment est né le personnage de Victor ?

G.P. : J’essaye d’offrir un roman très différent du précédent. Même s’il y a des liens, des passerelles, et peut être un ton commun aux quatre titres. Dans « autobiographie d’une Courgette », mon second roman, Victor était le fils du gendarme qui s’attache a la Courgette. Le Victor de « L’été des lucioles » n’a rien a voir. Je souhaitais un enfant de neuf ans plus mature que les précédents, plus contemplatif. Il écrit un roman qui s’appelle « l’été des lucioles »… En même temps il est comme la plupart des enfants de son âge, il ne juge pas, essaye de comprendre, peut parler parfois d’une manière bébête et sortir des phrases adultes. Un enfant de neuf ans, en somme !

B : On comprend en lisant les remerciements (oui je lis jusqu’à la fin !) que vous aviez visité Roquebrune pour avoir des informations, comment s’est passée l’écriture de « L’été des lucioles » ? L’inspiration est-elle venue facilement ? Combien de temps avez-vous mis ?

G. P. :Le fait d’être allé plusieurs fois a Roquebrune a décidé de tout. J’ai fait plus d’une centaine de photos sur le chemin des douaniers et a la résidence du Cap Martin. J’avais à la fois mes souvenirs, des odeurs, un décor naturel et grâce aux photos la possibilité de décrire tout cet environnement exceptionnel. J’ai aussi regardé des films qui ont été tournés dans les villas où les enfants vont entrer et découvrir leur secret. L’inspiration, quand j’écris, me vient vite, comme un bouillonnement intérieur. L’écriture le libère. Dans la vie je suis très calme et très patient. Mais c’est ce qu’on voit ou ressent. A l’intérieur je bous quasi en permanence. Sans l’écriture je serais perdu. Je mets peu de temps a écrire mes romans et beaucoup a les travailler. C’est la partie la plus dure et la plus intéressante. Écrire est comme une surface. Le travail sur le texte relève de la profondeur. Il faut être vigilant, s’éloigner de l’ego, être proche de ses personnages et ne jamais leur lâcher la main. Être intransigeant sur le style, les mots, les répétitions. J’aime rapprocher la musique de l’écriture. Il faut savoir reconnaître la fausse note a l’oreille.

B : Je n’ai lu (pour le moment) que « L’été des lucioles », mais j’ai pu voir que le personnage de vos romans est souvent un enfant de neuf ans. Pourquoi avoir choisi d’écrire à travers le regard d’un enfant ?

G. P. : C’est l’âge de la mue. Les enfants de 9 ans souhaitent être fondus dans la masse, ne jamais être montrés du doigt. Comme je le dis plus haut ils ne jugent pas, ils essayent de comprendre : quelle belle définition de la tolérance! Je suis au fond quelqu’un d’assez pudique et j’aime m’abriter derrière l’enfant que je suis resté pour évoquer des thèmes souvent graves qui, part la voix de l’enfant, sont dédramatisés. Arriver à faire sourire le lecteur sur un thème difficile est une manière délicate de le faire réfléchir. Je suis avant tout un passeur d’émotion.

Merci à Gilles Paris d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions !