
Quatrième de couverture :
Une lettre mystérieuse, un paquebot légendaire et une histoire d’amour qui traverse le temps et les océans.
Augustine a cent dix ans et des yeux noisette qui, selon elle, auraient dû être bleus. Mais pourquoi donc ? L’explication se trouve dans une lettre postée à Cherbourg en 1912 et signée par un mystérieux Albert… qui pourrait être son père. Lorsqu’elle partage ce secret avec Estelle, jeune animatrice de la résidence Les Mirabelles, celle-ci ne se doute pas qu’elle va plonger au coeur d’une aventure incroyable et découvrir une poignante histoire d’amour.
Accompagnée de Paul, l’arrière-petit-fils d’Augustine, elle embarque dans le New York Express pour un voyage à travers le temps, les archives et les océans. Alors qu’Estelle n’a jamais quitté sa Lorraine natale, cette enquête va la transporter plus d’un siècle en arrière, dans une époque de bals, de courses automobiles, de batailles historiques et de paquebots mythiques. Et le souffle romanesque de la Belle Epoque pourrait bien changer sa propre vie…
Mon avis :
Vous connaissez cette sensation quand vous commencez un nouveau livre et que, dès les premières pages, vous savez que vous ne pourrez plus le lâcher ? C’est exactement ce qui m’est arrivé avec ce roman, que j’ai lu en une seule journée.
J’ai beaucoup aimé cette histoire qui mêle les liens familiaux, une touche d’enquête et un fond historique passionnant. L’auteur nous entraîne dans une intrigue touchante qui traverse les générations et les époques. On s’attache rapidement à Augustine, cette femme de 110 ans qui souhaite comprendre son passé et découvrir la vérité sur ses origines. À travers son histoire, le roman nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour chercher des réponses et recoller les morceaux de son histoire.
Je ne connaissais pas Laurent Lagarde avant cette lecture et c’est une très belle découverte. Sa plume est fluide et agréable, ce qui rend la lecture particulièrement captivante.
Je crois que certaines lectures arrivent au bon moment dans notre vie. Ce roman m’a fait du bien, autant au cœur qu’à l’âme.
Une belle lecture pleine d’émotion qui m’a accompagnée le temps d’une journée et que je vous recommande volontiers.
Extrait du livre :
Augustine participe rarement à mes animations. Elle a toute sa tête, mais n’entend plus très bien, surtout dans un environnement bruyant. Elle promène autour d’elle le regard doux d’une mamie éblouie par ses petits-enfants. Elle avait déjà plus de quatre-vingts ans lorsque je suis née. Ça me file le vertige et me rassure : j’ai le temps de trouver l’homme de ma vie. Le sien était un ouvrier italien qui coupait l’acier en fusion dans les usines de Florange. Le seul Italien qui chantait faux, m’a-t-elle confié un jour en riant, mais le roi de la mandoline en cuisine. Le dimanche, ils cuisinaient ensemble des plats en couches épaisses, réchauffables plusieurs fois pour nourrir la famille tout au long de la semaine : lasagnes, hachis, gratins. Leurs enfants sont morts aujourd’hui, mais sûrement pas de malnutrition. Lorsque je m’adresse à Augustine, je me penche pour articuler à quelques centimètres de son oreille appareillée. Cette proximité est un privilège. Un parfum de lavande me chatouille les narines, celui d’un drap propre séché au soleil.
Le président du cercle se présente. Son ancêtre connu le plan ancien est né en 1624, sous Louis XIII, ce dont il semble tirer une certaine fierté. Moi, je suis née en 1998 sous Chirac, j’ai l’impression que ça le fera moins… M. Weissmuller invite les résidents à créer leur compte sur un site généalogique. Augustine n’ayant pas d’ordinateur, nous naviguons sur le mien pour créer un pseudo. Augustine110 est maintenant online.
– Quelle est votre date de naissance, Augustine ?
– Le 4 janvier 1913.
Ses cent dix ans prennent encore une autre dimension. 1913. Avant la Première Guerre mondiale !
– Et où êtes-vous née ?
– Dans la Marne.
– Vos parents aussi ?
– Papa, oui. Maman est née à Paris, c’est là-bas qu’ils se sont rencontrés. Maman était modiste quand elle a épousé papa, elle a ouvert sa boutique près de Chaumont, mais ils ont déménagé juste après la Première Guerre, quand la Lorraine est redevenue française, pour s’installer à Metz. C’est là que j’ai grandi.
– Modiste ?
– Elle créait des chapeaux sur mesure. Elle était très réputée. J’en ai gardé quelques-uns, je vous les montrerai, si vous voulez.
– Avec plaisir ! Quel était le prénom de votre mère ?
– Louise.
– Et son nom de jeune fille ?
– Guyot.
– Vous vous souvenez de sa date de naissance ?
– Bien sûr ! Le 29 mars 1889, deux jours avant l’inauguration de la tour Eiffel ! C’est ce qu’elle me disait toujours.
Pff… 1889. Là, j’ai définitivement perdu tout repère. Impossible de dire qui était président, s’il y avait même un président. Niveau histoire de France, je me suis arrêtée à Waterloo, et j’ai renoué le fil en 1914. Entre les deux, un trou noir d’un siècle. J’ajoute sur l’écran la maman d’Augustine, qui n’est désormais plus seule dans son arbre.
Carte d’identité du livre :
| Genre : Roman | Nombre de page : 288 | Date de sortie : 5 février 2026 |
| Edition : Eyrolles | ISBN : 978-2-416-02255-5 | Prix : – |


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